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  • Sale temps pour les libertés syndicales!
  • France: Des syndicalistes appelés par la gendarmerie pour se soumettre à des test ADN...

dimanche, septembre 19, 2010

Azzoug Lamnouar suspendu à Air Algérie

A lire ces lignes on dirait que ceux qui ont suspendu cet ancien syndicaliste croient que la compagnie a bonne opinion auprès des gens. Et que ce monsieur a fait des révélations fracassantes...des vérités qui sommes toutes sont banales hélas....

Après avoir fait état de la situation de la Compagnie
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© Souhil. B. Un des ateliers de maintenance d'Air Algérie


Azzoug Lamnouar, président de l'Association nationale des techniciens de l'aéronautique et chef d'atelier à Air Algérie, vient d'être suspendu de son poste pour avoir fait état de la situation de la compagnie l Indignées, plusieurs sections syndicales lui ont exprimé leur soutien.

A près avoir exprimé son avis sur la situation du service technique d'Air Algérie, le président de l'Association nationale des techniciens de l'aéronautique (ANTA), Lamnouar Azzoug, ancien cadre syndicaliste, vient de faire l'objet d'une suspension de son poste de chef d'atelier Aéro au niveau de la compagnie, pour «comportement grave portant atteinte au renom et à l'image de marque de l'entreprise, comportement intolérable de nature à provoquer le trouble dans la bonne marche de l'entreprise». Signée le 12 septembre par le chef de la division maintenance, la décision est intervenue le jour-même où de nombreuses sections syndicales d'Air Algérie ont dénoncé la réaction critique du syndicat de la direction générale d'Air Algérie à l'égard M. Azzoug, mais aussi «l'accord salarial historique» dont il a fait état dans son communiqué rendu public le 6 septembre. Les déclarations de M. Azzoug ont été suivies d'autres réactions, dont celle du Syndicat national des techniciens de la maintenance avion (SNTMA), toujours le 6 septembre.

«Le SNTMA précise que les contrôles de Safa (Safety Authority Foreigner Aircraft) ont relevé plusieurs écarts sur nos appareils dans différents aéroports européens, mais aucun de ces écarts ne remet en cause la navigabilité et la sécurité de nos avions (…) Suite à cette situation, le SNMA avait proposé au PDG la mise en place de contrôleurs au niveau de la piste pour recenser les éventuels écarts afin de les traiter avant de lâcher nos avions, proposition qui s'est concrétisée depuis plus de deux mois et qui s'est traduite par des avions contrôlés par la Safa avec zéro écart, c'est pourquoi nous sommes très loin de la liste noire», explique M. Bouatb, secrétaire général, ajoutant : «Malgré les problèmes au sein de la division maintenance des avions, les mécaniciens avion travaillent d'arrache-pied pour garantir la disponibilité des appareils, avec une fiabilité et une sécurité totales (…) Nous exerçons un métier très spécifique où l'erreur n'est nullement permise, métier exécuté par un personnel hautement qualifié et très compétent, d'ailleurs nous sommes certifiés Parti 45, par un organisme européen, EASA (European Aviation Safety Agency) pour le traitement des avions Boeign 737, Aibus A330 et ATR 72, en plus d'une certification IOSA (IATA Opérationel Safety Audit) pour la sécurité dans le domaine du transport aérien.»

Des révélations dont M. Azzoug avait fait état dans son constat publié sur les colonnes d'El Watan dans son édition du 2 septembre. «En tant que président de ANTA, je n'ai fait que dresser l'état des graves contradictions techniques. Ni le syndicat de la Maintenance ni celui de l'UGTA/entreprise n'ont alerté la direction générale ou les pouvoirs publics sur ces difficultés, pourtant flagrantes, vécues depuis plus de 2 années et, encore moins, exhorté les travailleurs à maintenir la qualité afin d'éviter la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui le pavillon national. L'ANTA l'a fait. Que les secrétaires de ces 2 syndicats aient l'honnêteté de reconnaître mon sacrifice quand ils ont été licenciés», a déclaré

M. Azzoug, précisant que «malgré l'ambiance générale, le personnel technique s'efforce consciencieusement de mettre en ligne des avions fiables. Les quelques semaines qui nous séparent de l'échéance du 5 novembre 2010 doivent être utilisées à bon escient, par la prise de décisions justes, pour battre en brèche les remarques du SAFA. Ceci est à notre portée, connaissant la compétence des techniciens algériens, presque légendaire, habitués à relever des défis beaucoup plus ardus et amplement plus complexes.» M. Azzoug, tout en exhibant plusieurs rapports transmis à la direction générale et au ministre des Transports, a tenu à affirmer : «Il n'a jamais été question de porter un quelconque discrédit sur le pavillon national pour lequel j'ai tant donné, mais j'ai tout simplement rendu publique une situation que je n'ai eu de cesse de dénoncer.» Sa suspension a suscité le soutien de plusieurs sections syndicales de l'entreprise.

«Nous venons d'apprendre avec stupéfaction la suspension illégale et arbitraire, pour des motifs fallacieux, de notre collègue Azzoug Lamnouar, président de l'ANTA. Que notre collègue soit assuré de notre soutien plein et entier et qu'il sache que nous adoptons son combat noble et courageux pour la défense du pavillon national», ont déclaré les secrétaires généraux des sections syndicales des pilotes, du technique support, des œuvres sociales, du technique spécifique, de l'informatique Kouba et du siège.

Salima Tlemçani, El WATAN du 18.09.10
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vendredi, septembre 17, 2010

Pour l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, 2009 a été une année sombre en Algérie

Liberté d'association mise à mal, interdiction des réunions pacifiques , presse bâillonnée, entraves aux libertés syndicales, actes d'intimidation judiciaire à l'encontre des défenseurs des droit d'une minorité religieuse et harcèlement à l'encontre de ceux qui dénoncent la corruption. En Algérie, l'année 2009 aura été particulièrement éprouvante pour les défenseurs des droits humains, selon un rapport annuel, publié lundi 13 septembre par l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme.

Le rapport de l'Observatoire met en évidence le contexte politique à l'origine d'une atteinte en cascade aux défenseurs des droits de l'homme. « Le 9 avril, le président Algérien Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a été réélu pour un troisième mandant consécutif après l'adoption 12 novembre 2008 d'une réforme constitutionnelle supprimant la limitation de mandats. Cette élection s'est déroulée dans un climat de surveillance, rendant quasi impossible la contestation, voire l'ouverture, du scrutin », lit-on sur le rapport publié sur son site web. Le ton est déjà donné puisque « les autorités algériennes ont interdit à la veille de l'élection présidentielle la diffusion de trois publication françaises, l'Express, Marianne et le Journal de Dimanche, qui critiquaient ces élections », ajoute la même source. Le jour du scrutin, selon les rédacteurs du document, « deux journalistes marocain travaillant pour l'hebdomadaire marocain Assahrae El Oubouiya, MM. Hichem El Medraoui et Mahfoud Ait Salah, ont été arrêtés par les autorités algériennes alors qu'ils venaient couvrir les élections présidentielles en Algérie. » Relâchés, ils ont été de nouveau interpellés et leurs passeports confisqués. Il a fallut l'intervention de l'ambassade marocaine pour qu'ils eussent à quitter l'Algérie, note le même rapport.

Presse bâillonnée

Le rapport de l'Observatoire s'est appesanti sur la situation de la presse algérienne. « Bien que les journaux privés bénéficient d'un espace plus libre que l'ENTV, chaîne de télévision étatique et unique, les lois répressives sur la presse, la dépendance des journaux vis-à-vis des revenus de la publicité du secteur public et d'autre facteurs limitent leur liberté de critiquer le Gouvernement, l'armée et l'élite politique et économique », détaille le document de l'Observatoire. Dans ce contexte, exit donc, le débat sur la décennie noire, les autorités algériennes refusant ainsi « de faire un travail de mémoire et de justice sur les événements de ce conflit ». Autre signe de durcissement, relevé par le rapport, l'adoption par l'APN en juin 2009 d'une « loi sur les règles particulières de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l'information et de la communication ». Pour l'observatoire, cette loi qui prévoit des dispositions générales « laissent craindre » et présagent de la surveillance et de la répression des activités des défenseurs de droits de l'homme.

Liberté d'association mise à mal

En 2009, les autorités algériennes ont continué d'empêcher les organisations de défenses des droits de l'Homme d'obtenir une reconnaissance légale, s'inquiètent les auteurs du rapport. C'est le cas des associations de familles de disparus, à l'exemple de SOS disparu (e)s et de l'Association Michâal des enfants de disparus de Jijel, qui n'ont toujours pas réussir à obtenir une existence légale « et ce faute d'avoir reçu le récépissé des autorités locales », explique le document de l'Observatoire de 567 pages, dont une centaine est consacrée à l'Afrique sub-saharienne.

Interdiction des réunions pacifiques…

L'organisation des réunions sur les questions de droits de l'Homme est souvent l'objet d'entraves de la part des autorités algériennes, constate l'Observatoire pour qui ces interdictions violent « l'article 19 de la constitution qui garantie de liberté de réunion pacifique. » A ce titre, le rapport cite l'interdiction le 16 juillet 2009, par le gouvernement de la tenue d'un colloque portant sur « la mémoire des victimes pour la reconstruction d'une société », organisé dans la maison des syndicats Alger par une coalition d'associations victimes de « l'Etat et du terrorisme » et la Fédération Euro-miditéranenne contre les disparitions forcés (FEMED). Plus loin, on évoque aussi l'interdiction par le biais « d'une décision non motivée daté du 25 mai 2009 » d'un séminaire de formation pour les journalistes, organisé par la Ligue algérienne de défende des Droits de l'Homme, devant se tenir à Zéralda, à l'Ouest d'Alger. Cette même organisation avait, selon les conclusions dudit document, « reçu une notification écrite, lui interdisant de tenir une « rencontre nationale sur l'abolition de la peine de mort », prévue le 10 octobre. La réunion a eu finalement lieu, mais au siège de la LADDH, dans un espace très réduit.

Harcèlement judiciaire à l'encontre des journalistes

La liberté syndicale a continué de ne pas être assurée en 2009, les personnes qui tentent de mettre en place un syndicat étant soumises à de fortes pressions, note encore l'Observatoire. Le rapport relate dans le détaille les déboires du syndicaliste algérien Yacine Zaid, parti en croisade contre une multinationale, filiale du Groupe Compass. Licencié en 2007, ce syndicaliste a subi un harcèlement judiciaire sans précèdent « pour avoir créé une section syndicale pour défendre les intérêts des employés au sein de l'entreprise. » A lui seul, il traine 7 plaintes. Par ailleurs, plusieurs rassemblements pacifiques organisés par des syndicats autonomes ont été dispersés « parfois de façon brutale et les manifestants ont fait l'objet de poursuites judiciaires », rappelle l'Observatoire dans son document.

Actes d'intimidation à l'encontre des défenseurs des droits d'une minorité religieuse

Le rapport évoque aussi les tracasseries subies par Kamel Eddine Fekhar, militant de la LADDH. Ce dernier, en tentant de défendre les intérêts de sa communauté, les Mozabites, a subi un harcèlement judicaire. Il a été arrêté le 15 juin 2009, par des agents des services de sécurité de Ghardaïa et accusé à tort de « destruction de bien public et incendie volontaire sur fourgon de police », suite aux incidents qui ont secoué la ville de Berriane. Libéré 24 heurs plus tard, il a été place sous contrôle judiciaire. Selon l'observatoire, son arrestation serait dûe à « ses activités puisque il est l'un des initiateurs de l'appel à l'officialisation du rite Ibadite en Algérie."

Harcèlement à l'encontre des défenseurs qui dénoncent la corruption.

Durant la même année, plusieurs défenseurs ont été poursuivis en justice par les autorités pour avoir dénoncé les pratiques de la corruption, selon les conclusions de l'Observatoire, crée par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme. Ainsi Hafnaoui Ghoul, responsable de la LADDH à Djelfa et journaliste au quotidien arabophone El Wassat, a été agressé à son domicile, la nuit du 6 au 7 janvier 2009. Pour l'Observatoire, cette « agression serait liée à ses activités de dénonciation de la corruption dans sa région ». En déposant une plainte contre X, aucune enquête n'a été ouverte, soutient le rapport, en précisant toutefois que ce militant a été condamné à deux mois de prison avec sursis et une lourde amende le 27 octobre par le tribunal de Djelfa dans des affaires l'opposant à « des entités du pouvoir local ». L'Observatoire cite, en outre, la condamnation de Hassan Bouras, militant de la LADDH et journaliste, pour diffamation à 3 mois de prison ferme assortie d'une amende de d'environ 5 000 euros, pour avoir divulgué dans un article publié sur la presse les actes de corruption de certains députés. D'autres journalistes, notamment des correspondants locaux, ont vécu des mésaventures identiques et ce pour avoir dénoncé des pentes locales.

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SELON UN RAPPORT PUBLIE PAR L’OBSERVATOIRE DES DROITS DE L'HOMME: Durcissement du "climat de surveillance" de la population

SELON UN RAPPORT PUBLIE PAR L'OBSERVATOIRE  DES DROITS DE L'HOMME : Durcissement du climat de surveillance » de la population

L'Algérie connaît un « durcissement du climat de surveillance » de la population et de la société civile depuis 2009. C'est ce que pointe du doigt l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme – un organisme créé par la Fédération internationale des droits de l'homme - dans son rapport 2010, publié lundi 13 septembre. Ce durcissement touche notamment la presse, dénonce l'Observatoire, qui donne les exemples des journaux français (L'Express, Marianne et le Journal du Dimanche) interdits pendant l'élection présidentielle de 2009 et des deux journalistes marocains, arrêtés à la même période, interrogés, et libérés après l'intervention de l'ambassade du Maroc.

Les journalistes sont également visés lorsqu'ils enquêtent sur des dossiers de corruption. L'observatoire dénonce le « harcèlement » dont ils sont victimes. Il cite plusieurs cas, notamment celui de Hafnaoui Ghoul, responsable de la section de la LADDH a Djelfa, au sud d'Alger, et journaliste pour le quotidien al-Wassat, agressé après une enquête sur les agissements de certains cadres de la wilaya, dont la plainte n'a jamais été instruite par la justice et qui a même été condamné pour diffamation.L'organisation émet aussi de fortes réserves sur la loi sur la cybercriminalité votée en juin 2009 dont les « dispositions très générales laissent craindre l'utilisation de cette loi pour surveiller et réprimer des activités de défense des droits de l'Homme ».

L'Observatoire dénonce également la « mise à mal » de la liberté d'association, qui touche notamment les associations qui œuvrent pour faire la lumière sur les disparitions de la décennie noire. Il note que SOS Disparu(e)s n'a toujours pas obtenu son agrément, tout comme l'AMEDJ à Jijel. D'une manière générale, tous les acteurs activant dans le domaine de la défense des droits de l'homme font l'objet de difficultés en Algérie, explique l'Observatoire, qui pointe du doigt notamment les interdictions de réunions. « Les autorités algériennes ont continué d'interdire fréquemment la tenue de réunions portant sur des questions de droits de l'Homme, violant ainsi l'article 19 de la Constitution, qui garantit la liberté de réunion pacifique », est-il noté dans le rapport.

Cela a par exemple été le cas pour le colloque portant sur "la mémoire des victimes pour la reconstruction d'une société", organisé dans la maison des syndicats à Alger par la Coalition des associations des victimes de l'Etat et des victimes du terrorisme dont SOS-Disparu(e)s, "Somoud", "Djazairouna", le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA) et la Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées (FEMED). Même chose pour la LADH qui n'a pu organiser à Zéralda une formation sur « le rôle du journaliste dans la protection des droits de l'Homme ».Dans certain cas, les difficultés sont bien plus graves. L'Observatoire dénonce ainsi les « actes d'intimidation » et le « harcèlement judiciaire » à l'encontre de Kamel Eddine Fekhar, militant de la LADDH à Ghardaïa, à l'origine de l'appel à l'officialisation du rite ibadite en Algérie. « Son arrestation serait due à ses activités en vue de la reconnaissance des droits des citoyens mozabites », écrit l'Observatoire.Enfin, le rapport critique fortement les « obstacles à la liberté syndicale et le harcèlement judiciaire à l'encontre des syndicalistes » qui font qu' «en 2009, la liberté syndicale a continué à ne pas être assurée ».

L'Observatoire dénonce les « pressions » auxquelles sont soumises les personnes voulant créer un syndicat, comme Yacine Zaid, licencié et en proie à plusieurs plaintes de son ancienne entreprise. Il pointe du doigt également la répression faite aux rassemblements pacifiques organisés par les syndicats « dispersés, parfois de façon brutale par les forces de l'ordre ».

Source: Reflexiondz.com
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dimanche, août 15, 2010

Quatre ministres peinent à convaincre : Ils sont sous les feux de la rampe

Certains ministres ont occupé, alimenté et marqué l'actualité nationale ces derniers jours. A la tête de départements dont les prérogatives portent sur des préoccupations de l'heure, ces ministres de la République ont tenté, tant bien que mal, de convaincre les Algériens.

Que ce soit dans l'Enseignement supérieur, la Santé, la Solidarité ou le Commerce, beaucoup d'encre a coulé. A la polémique, l'appréhension, la colère et parfois la satisfaction des citoyens, s'ajoutent des promesses et des déclarations de responsables fraîchement revenus de leur congé annuel ou, pour d'autres, nouveaux dans leur secteur d'activité.

Toutefois, le point commun que partagent tous ces ministres, est leur volonté de donner l'image de responsables qui contrôlent, dans les moindres détails, leurs secteurs respectifs.

Ce qui est loin d'être le cas malgré les assurances avancées et les discours tenus. Il est vrai que les aléas de l'actualité et les donnes propres à chaque département permettent, selon les saisons, les occasions et circonstances, de mettre certains responsables au-devant de la scène.

Pour le cas de ces ministres, leur présence sur le terrain est justifiée par le mois du ramadhan, les inscriptions universitaires et la pénurie de médicaments qui dure depuis plusieurs mois. A quoi devraient-ils faire face ? Et qu'est-ce qui est attendu d'eux réellement ?

Saïd Barkat, ministre de la Solidarité nationale: Combattre la misère par le couffin !

Le nouveau ministre de la Solidarité nationale est à sa nouvelle expérience en la matière. Avant-hier, il a fait le tour des restaurants de la Rahma de la wilaya d'Alger. La veille, il a chapeauté une réunion intersectorielle pour l'organisation de l'opération Solidarité spécial mois de ramadhan.

Après une éclipse de plusieurs jours, Saïd Barkat fait son apparition et tente de se transformer, en père Noël. Son prédécesseur, Djamel Ould Abbès, a d'ailleurs excellé dans ce rôle. Toutefois, ce n'est ni le sourire ni les intentions ou les promesses qui pourront rassurer les millions de démunis qui attendent un bol de chorba bien chaud offert par l'Etat.

L'enjeu est de taille. Le département de la Solidarité est censé réussir l'organisation de l'opération de solidarité et traduire sur le terrain les chiffres avancés. En fait, cette année encore ce sont près de 1 200 000 familles démunies qui bénéficieront du couffin. Le chiffre est énorme et renseigne sur l'importance du travail qui attend les services concernés.

Il est clair que ce n'est ni l'argent ni les moyens qui manquent ; il est plutôt urgent de voler au secours de toutes ces familles, les convaincre de la générosité et de la présence des autorités publiques à leurs côtés. Et c'est peu, puisque cet élan de solidarité est conjoncturel. Faut-il préciser que le budget dégagé à cet effet est loin d'être la solution idoine à la misère qui tenaille des millions d'Algériens.

La tâche du ministère de la Solidarité est des plus délicates. Saïd Barkat a intérêt à réussir dans sa nouvelle mission. Cela d'autant que sa gestion du secteur de la Santé a été très critiquée. «Gérer la misère», est le nouveau test pour l'ex-ministre de la Santé et de l'Agriculture.

Ould Abbès, ministre de la Santé: Eternel problème, de pénurie

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould Abbès est incontestablement le ministre le plus dynamique dans l'Exécutif ces derniers jours, notamment durant la période qui a précédé le mois de ramadhan. Le ministre de la Santé s'est engagé dans une course contre la montre afin de mettre fin à la crise des médicaments qui pénalise depuis longtemps les malades.

Ould Abbès n'aura donc pas du pain sur la planche lors des traditionnelles auditions ramadhanesques que Bouteflika tient chaque mois de ramadhan, puisqu'il a réussi à mettre un terme au dossier de la pénurie des médicaments qui pèse lourd sur le secteur de la santé.

En effet, un premier lot de médicaments, lourd de 14,395 tonnes de médicaments, comme une mesure d'urgence, pour remédier aux ruptures de stocks et pénuries signalées au niveau des hôpitaux, a été réceptionné lundi dernier.

Dépêché en urgence lors du dernier remaniement ministériel, Ould Abbès n'en a pas fini de rompre avec l'immobilisme et la gestion chaotique qui a caractérisé la gestion de ce secteur névralgique jusqu'à présent.

Ainsi, après avoir atténué l'épineux problème des médicaments, le ministre de la Santé a promis de prendre en charge les revendications socioprofessionnelles des médecins. Aussitôt arrivé à la tête du secteur de la Santé, Ould Abbès a réussi à rétablir la stabilité dans le secteur, en tranquillisant les syndicats autonomes par une série de promesses.

Après être passé par une période de mauvaise gestion, de crises et de perturbations qui se sont répercutées négativement sur son fonctionnement et ses missions, l'Institut Pasteur d'Algérie (IPA) sera également réhabilité.

Le ministre de la Santé s'apprête à s'attaquer frontalement à la mauvaise gestion des hôpitaux à travers le territoire national. Selon certaines indiscrétions, une opération de limogeage et de sanctions qui touchera plusieurs directeurs d'hôpitaux sera lancée dans les prochains jours.

Mustapha Benbada, ministre du Commerce: Enigmatique flambée des prix

Ironie du sort ! Le ministre du Commerce Mustapha Benbada n'a pas eu de chance puisqu'il a été désigné à la tête du ministère du Commerce, un portefeuille chargé de réguler le marché, quelques mois avant l'arrivée du ramadhan. Aussitôt installé, Benbada a eu la lourde tâche de stabiliser les prix des produits de large consommation et d'assurer aux citoyens un ramadhan «peu spéculatif».

Et depuis, le ministre du Commerce multiplie ses recettes anti-spéculation. Pour éviter toute pénurie, il a promis d'assurer en abondance les produits les plus demandés durant le mois sacré du jeûne. De la pomme de terre à la viande en passant par le lait, Benbada a pris toutes les dispositions pour casser les prix.

Ainsi, dans le cadre de la lutte contre la spéculation sur les produits de large consommation, le ministère du Commerce a renforcé son dispositif de lutte contre toutes sortes de spéculations, et de contrôle de l'ensemble des pratiques commerciales. Malheureusement, toutes ces mesures se sont avérées sans effet puisque les prix, notamment de la viande rouge et blanche demeurent inaccessibles pour les bourses moyennes.

Aux additions ramadanesques, une épreuve que redoutent plusieurs ministres, tous les regards seront braqués sur Benbada. Il aura à expliquer cette énigmatique question de flambée des prix qui caractérise le marché à chaque mois de carême.

Rachid Harraoubia, ministre de l'Enseignement supérieur: Le désarroi des bacheliers

Sans doute, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Rachid Harraoubia sera «malmené» par le président de la République lors des auditions ministres-Président de ce mois de ramadhan. Et pour cause, l'opération d'inscription et d'orientation des nouveaux bacheliers ne s'est pas passée sans faire de bruit.

Contrairement à ses déclarations rassurantes, Rachid Harraoubia, n'a pas réussi à gérer l'afflux des nouveaux bacheliers, qui ont été enregistrés à la faveur d'un taux de réussite sans précédents de plus de 61%.

Désorientation, délais de recours trop courts, annulation de certaines filières (Interprétariat)…les bacheliers ont vécu le calvaire. Et ce n'est pas fini ! De lourds dossiers attendent encore le ministre de l'Enseignement supérieur. Harraoubia aura à faire face à un mouvement de protestation des enseignants universitaires, prévu pour la prochaine rentrée universitaire.

Hocine Larabi et Aomar F._Le jour d'Algérie (14 Août 2010)

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jeudi, août 12, 2010

Discrimination, espionnage et innondations...

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Discrimination dans les piscines du Liban, espionnage sur les musulmans de Birmingham, inondations au Pakistan



SUJET 1 : LIBAN

Au Liban, les domestiques, les femmes de ménage viennent le plus souvent d’Afrique de l’Ouest ou d’Asie. Notre premier Observateur va nous montrer que ces pauvres femmes sont victimes de discrimination au quotidien.

Observateur : Ali Latifa Fakhri

SUJET 2 : ROYAUME-UNI

Le Royaume-Uni représente à peu près 1% de la population mondiale et pourtant ce pays concentre 20% des caméras de surveillance sur son territoire. En général, c’est pour combattre la petite délinquance, mais pas toujours.

Observateur : Steve Jolly

SUJET 3 : PAKISTAN

Les pluies diluviennes qui ont frappé le Pakistan la semaine dernière ont fait plus de 1000 morts et laissé près de 3 millions de personnes sans-abri. Notre Observateur s’est rendu sur place et ce qu’il a vu le marquera pour le reste de ses jours.

Observateur : Tahir Imran Mian


Alors, est-ce que vous seriez intéressé par devenir observateur de France 24...
En cliquant ici vous pouvez voir une autre vidéo d'un autre contributeur, algérien lui (On n'a aps pu l'embarqué ici).
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dimanche, août 08, 2010

Harraoubia répond aux enseignants: "Vous êtes libres de voyager"

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Il n'y a aucun passage dans la circulaire qui interdit la circulation des chercheurs et enseignants, selon le ministre.C'est le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en personne, qui vient de sortir de son mutisme pour répondre aux enseignants et chercheurs universitaires. «Vous êtes libres de circuler et voyager», a lancé hier, Rachid Harraoubia en direction des enseignants qui dénoncent une restriction dans la liberté de prendre part aux colloques et rencontres internationaux par le ministère de tutelle.
 

Aïssa MOUSSI, L'expression (08 Août 2010)- Lors d'une conférence de presse organisée au siège de son département, Harraoubia a tenu à apporter quelques explications de taille. D'emblée, il estime qu'«il n'y a aucun passage dans la circulaire qui restreint ou bloque la liberté de circulation des chercheurs et enseignants algériens». Toutefois, le même orateur estime que «ce qui est demandé aux enseignants, c'est de déposer une demande d'absence auprès de leur administration au sein de l'université». Et d'argumenter aussi que cela est une manière de procéder qui est appliquée dans toute administration. D'après le ministre, il se trouve que des enseignants quittent le pays afin de participer à une rencontre internationale, et se trouvent en fin de compte pour des raisons autres, sans pour autant donner plus d'explications.
 

Ce qui est important aussi à relever, c'est que le ministre parle de rencontres qui peuvent aller à l'encontre des intérêts de l'Algérie. «Il y a un enjeu beaucoup plus que scientifique», estime Harraoubia. Selon lui, et sans donner de détail, une trentaine d'enseignants et chercheurs se sont retrouvés impliqués dans un problème, faute d'émargement. D'où «une coopération entre le Mesrs et les universités est nécessaire», ajoute Harraoubia. Le seul perdant demeure sans doute l'étudiant qui va se retrouver en situation de manque par rapport au programme. «Il n'est plus question de mettre en péril l'intérêt de nos étudiants», a tranché M.Rachid Harraoubia.


Dans une circulaire en date du 18 mai 2010, rappelle-t-on, le secrétaire général du Mesrs a ordonné aux chefs des établissements d'enseignement supérieur et de la recherche d'informer le ministère sur «les cas de participation à des manifestations pouvant revêtir un caractère sensible afin de se prononcer sur l'opportunité et d'organiser la concertation avec le ministère des Affaires étrangères». Cette circulaire a soulevé un grand tollé en milieu universitaire, tant à l'intérieur, qu'à l'extérieur. Des enseignants et chercheurs ont dénoncé avec force la restriction et le verrouillage des libertés académiques. Chercheur en biologie moléculaire à l'Usthb (Alger) et syndicaliste, Farid Cherbal l'a qualifiée «d'une police de pensée».


Par une pétition, de pas moins de 250 universitaires algériens, dont l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur, Ahmed Djebbar, se sont mobilisés pour faire échec à ce qu'ils qualifient de «tentative de contrôler le contenu des travaux de recherche et de la pensée libre au sein de l'Université algérienne».


Le 15 juillet dernier, une délégation composée de quatre universitaires a remis, au nom des pétitionnaires, le texte de pétition au ministre de tutelle.
A l'étranger, deux importantes associations de chercheurs et universitaires d'Europe et d'Amérique du Nord ont exprimé leurs vives inquiétudes. Il s'agit de World Congress for Middle Eastern Studies (Wocmes) et Middle East Studies Association of North America (Mesa). Elles ont adressé deux lettres au Président Abdelaziz Bouteflika et au ministre de l'Enseignement supérieur, dans lesquelles elles font part de leurs vives inquiétudes quant aux conséquences des mesures contenues dans la circulaire ministérielle.


Par ses déclarations faites hier, le ministre a donc tranché définitivement concernant cette circulaire qui restera en vigueur malgré les vives tensions qu'elle a soulevées.

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mercredi, août 04, 2010

Problématique de l’inflation et du pouvoir d’achat des Algériens en 2010

L'inflation qui a des incidences directes sur le pouvoir d'achat est de retour en Algérie, risquant de remettre en cause les équilibres macro-économiques qui ont nécessité d'importants sacrifices de la population algérienne depuis 1994 date du rééchelonnement, car ayant accusé un retard dans les réformes micro-économiques et institutionnelles. L'Algérie risque de revenir à la case départ si l'on a cette vision du passé que le développement s'assimile aux dépenses monétaires, via la rente des hydrocarbures, et aux réalisations physiques sans se préoccuper des impacts et des coûts au sein d'une économie de plus en plus globalisée. Bien poser les problèmes, loin des discours euphoriques et du juridisme , c'est l'objet de cette modeste contribution à l'approche du mois sacré du ramadhan, car pour les petites bourses, le constat est amer, les prix des produits de large consommation connaissant des augmentations sans précédent durant cette période , les organisations censés sensibiliser les commerçants ayant peu d'impacts, prêchant dans le désert.

1- Quel est l'origine de l'inflation ?

Algérie-focus (4 août 2010)- S'agissant d'un problème aussi complexe que celui de l'inflation, il me semble utile de préciser que ces phénomènes doivent tenir compte de la structure et des particularités de l'économie à laquelle ils sont appliqués, les aspects de structures de l'économie internationale, de l'économie interne résultant de l'option de la stratégie de développement économique, aux schémas de consommation générés en son sein pour des raisons historiques, d'influences socioculturelles et aux composantes des différentes forces sociales pour s'approprier une fraction du revenu national.

L'urgence passe par des mécanismes de régulation car un contrôle des prix est de peu d'efficacité, sinon il faudrait une armée de contrôleurs avec des coûts faramineux. Ce processus inflationniste est amplifié par l'emprise de la sphère informelle, produit de la bureaucratie centrale et locale qui entretient des relations diffuses de corruption avec cette sphère, expliquant que les rapports internationaux des trois dernières années 2005/2009 classent l'Algérie à un niveau de corruption élevé, qu'il s'agit d'intégrer intelligemment, loin des mesures bureaucratiques peu efficaces, contrôlant 40 % de la masse monétaire en circulation avec une intermédiation financière informelle.

Le marché de la contrefaçon en Algérie gangrène l'économie algérienne, puisque selon certaines estimations 1/3 des produits vendus en Algérie sont contrefaits. Et tous les secteurs sont touchés (tabac, cosmétique, habillement, électroménager …), mais aussi des domaines beaucoup plus sensibles comme les pièces de rechange automobile, la moitié contrefaite mettant en danger les automobilistes. Même les médicaments sont concernés car la plupart sont importés et coûtent chers. En matière d'emploi, la part qui revient à l'économie informelle, le taux de la population exerçant dans le secteur informel s'accroît annuellement d'environ 8%, selon les rapports du CNES ce qui nous donnerait en 2009 le taux annoncé récemment par le Ministère du travail plus de 25% de la population active avec une contribution dans la formation du PIB (produit intérieur brut) hors hydrocarbures de 20 à 25%.

Une enquête menée par le CREAD (Centre de recherche en économie appliquée pour le développement) révèle que sur 7500 PME, 42% des effectifs ne sont pas déclarés et 30% de leur chiffre d'affaires échappent au fisc. Concernant justement l'évasion fiscale due à la sphère informelle, pour l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) dans une déclaration du 19 mai 2009 reproduite par l'agence officielle APS le manque à gagner induit par l'évasion fiscale dans les transactions commerciales en Algérie dépasse 200 milliards de dinars annuellement, soit au cours actuel soit 2,6 milliards de dollars.

Plus de 80% des transactions commerciales se font sans aucune facturation, alors que 70 à 80% des transactions utilisent le « cash », comme moyen de payement, alors que la base de l'économie moderne se fonde sur le crédit, et qu'au-delà de 100 dollars, la carte de crédit est souvent exigée. Mais on n'impose pas les chèques par des mesures administratives (lois) de peu d 'efficacité mais par des mécanismes de régulations globaux transparents et se pose de l'efficacité de cette dernière mesure d'imposer le chèque pour un montant supérieur à 500.000 dinars sans s'attaquer à l'origine de cette anomalie qui sont les dysfonctionnements des structures de l'Etat et le manque de confiance.

Cette sphère contrôle quatre segments-clefs : celui des fruits et légumes, de la viande, celui du poisson pour les marchandises locales et pour l'importation, le textile – chaussures (posant le problème du contrôle de la douane). Le constat en Algérie est l'absence d'une véritable concurrence, avec une tendance à la substitution d'un monopole d'Etat un monopole privé plus néfaste, que risque d'amplifier le passage, sans transition et sans réformes en profondeur du système financier, lieu de distribution de la rente, du Remdoc au Crédoc, ce dernier nécessitant d'importants moyens financiers.

Il s'ensuit que les circuits entre le producteur et le consommateur (les grossistes informels) ont tendance à se rallonger, la marge commerciale pouvant représenter 2 à 3 fois le prix de production (surtout dans le domaine agricole), ce qui ne peut que décourager le producteur immédiat et l'orienter vers des activités spéculatives. La raison du processus inflationniste, liée profondément à la logique de l'accumulation en Algérie, est structurelle liée à la faiblesse de l'offre résultante de la panne de la réforme globale. Car, depuis 1986, l'Algérie est dans une interminable transition n'étant ni une économie étatisée, ni une véritable économie de marché concurrentielle, expliquant le peu d'efficacité tant de la régulation politique, sociale et économique.

Pour le gouvernement, le taux d'inflation a été de 1,6 % en 2005, 3% en 2006, à 3,5 % en 2007, 4,5% en 2008, 5,7% en 2009 et 5,4% pour les 6 premiers mois de 2010. Or, selon un document important relatif à une étude sur l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, du centre de recherche américain, Casey Research en date du 6 mars 2008, le taux d'inflation en Algérie serait 12 % pour l'année 2008 selon cette étude, contre une moyenne de 7/8% au niveau de la région Mena, remettant d'ailleurs en cause les déclarations des experts en mission à Alger du FMI la mi novembre 2009 qui affirmaient que le taux d'inflation aller baisser, la tendance en 2010/2011 ne devant pas fondamentalement changer.

Dans ce cas le taux d'intérêt ne pouvant être inférieur au taux d'inflation, quelle va être la politique monétaire future de la banque d'Algérie, si ce taux se maintient à ce niveau, risquant d'aller vers des recapitalisations répétées au risque de mettre en faillite les banques primaires auxquels on impose un taux d'intérêt inférieur au taux d'inflation, posant le dilemme de l'investissement qui ne peut se réaliser qu'avec un taux d'intérêt relativement bas. Invoquer des réserves de change supérieures à 150 milliards de dollars, une évolution positive du revenu global entre 2000/2010 d'environ 31% (cela est incontestable du point de vue du chiffre global) mais un chiffre global a peu de significations sans une analyse de la structuration sociale.

D'ailleurs ces données sont remises en cause par les déclarations du Ministre de la solidarité en 2009 qui annonçait lors du ramadhan passé triomphalement une distribution de plus en plus élevé des couffins du ramadhan. , plus de 1,2 millions de couffins avec une enveloppe financière consacrée à cette opération de plus de 3 milliards de dinars.

C'est le reflet incontestable de l'extension de la détérioration du pouvoir d'achat de la majorité sans compter que selon les derniers rapports du PNUD 2007/2009, 2,3 millions d'algériens vivent dans des habitats précaires avec un modèle de consommation loin des normes internationales, une personne sous nutritionnée se répercutant tant sur la productivité du travail avec des maladies fréquentes , expliquant, en partie, l'envolée du poste importation de médicaments (plus de 1 milliard de dollars US entre 2007/2009).

Certes la solidarité c'est bien mais comme le rappelait justement un des plus célèbres économistes du XXème siècle, conseiller financier du gouvernement britannique, et négociateur des Accords de Breeton Woods de 1945, John Maynard, KEYNES « certains dirigeants confondent abusivement fonds public avec leurs revenus. S'ils veulent faire oeuvre véritablement de bonne charité, qu'ils le fassent sur leur propre compte bancaire ».

N'assiste t-on pas à ce paradoxe des réserves de change importants et la détérioration du pouvoir d'achat de la majorité avec une concentration excessive au profit d'une minorité rentière. N'avons-nous pas un pays riche mais une population de plus en plus pauvre avec une incertitude pour l'avenir dans la mesure où dans 16/20 ans les exportations algériennes tant du pétrole que du gaz iront à l'épuisement selon les normes de rentabilité financière car on peut découvrir des milliers de gisements mais non rentables, c'est-à-dire demain avec une population en 2010 de 36 millions et qui approchera les 50 millions d'habitants en 2030 d'où cette problématique stratégique comment passer d'une économie de rente à une économie hors hydrocarbures tenant compte des nouveaux bouleversements mondiaux ?

2-Quel est le pouvoir d'achat des Algériens face à la concentration du revenu national ?

Toute politique salariale fiable qui favoriserait la création de valeurs durables, il y a urgence d'enquêtes précises analysant les liens dialectiques entre la concentration du revenu source d'injustice sociale au profit de couches spéculatives au détriment à la fois des producteurs de richesses et le processus d'accumulation du capital, enquêtes inexistantes en Algérie mais que les signes extérieurs de richesses d'une minorité rentière (pas les entrepreneurs créateur de richesses) montrent clairement.

Lié à l'aspect précédent, doit être pris en compte l'analyse des couches moyennes productives pilier de tout développement en voie de disparition, entendu couches moyennes productives et non rentières gravitant au niveau des sphères du pouvoir en extension, destructrices de richesses. Certes, le SNMG algérien a plus que doublé en passant de 6.000 à 15 000 dinars ces dernières années, mais en dépit de cette augmentation, une interrogation s'impose : comment est-ce qu'un Algérien, qui vit au SNMG,( 140 euros par mois, soit 4 euros par jour alors que le kilo de viande est en août 2010 de 10 euros) fait face aux dépenses contraintes et incontournables :alimentation, transport, santé, éducation.

Cette dégradation du pouvoir d'achat est renforcée par la dévaluation cyclique du dinar qui gonfle les prix des biens importés et il est admis maintenant qu'une famille avec 5 enfants à charge ne travaillant pas a besoin d'un revenu net minimum de 36.000 dinars. Sur la base du panier de la ménagère que maintient inchangé l'Office national des statistiques (ONS) depuis des années alors que le besoin est historiquement daté, l'inflation serait maîtrisée selon les pouvoirs publics alors que le vécu renvoie à une toute autre réalité. L'écart entre l'inflation perçue par l'Algérien et celle calculée par l'ONS témoigne de la difficulté de vérifier la véracité d'une donnée officielle.

Jamais entre 2007/2010, la concentration des revenus au profit d'une minorité de couches rentières et la corruption n'ont été si importante expliquant que certaines mesures gouvernementales d'austérité même louables en ces moments de crise, n'ont pas d'impacts de mobilisation et au contraire un rejet général car le sacrifice n'est pas partagé, démobilisation accélérée par les différents scandales financiers. Ce d'autant plus qu'avec l'inflation selon nos enquêtes,la majorité de la population ayant un revenu net inférieur à 20.000 dinars consacre plus de 80% de son revenu aux biens de première nécessité alors que selon l'enquête du CNEAP de septembre 2007, le taux était déjà de 70%.

Cependant il ne faut pas être utopique, et être réaliste, le quadruplement du SMIG aurait pour conséquence un processus inflationniste incontrôlée qui pénaliserait les couches les plus vulnérables à revenus fixes posant la problématique de l'inefficacité de la dépense globale source essentielle de l'inflation en Algérie, devant procéder à des actions ciblées devant favoriser exceptionnellement deux segments comme le recommande la banque mondiale à l'Algérie , l'éducation et la santé , qui créée de la valeur à terme, contrairement aux segments des autres fonctionnaires qui bénéficient d'un transfert de valeur.

Or, la mensualité d'une manière générale d'un enseignant du primaire au supérieur supposé former les cadres de demain, en fin de carrière, est environ d'un tiers de celles de ses collègues marocain et tunisien, avec les nouvelles augmentations ( moins du un tiers par rapport au salaire d'un simple député ou sénateur pour un professeur d'université ) et 80% de ce montant en retraite,( donnant un écart un quart du fait que la retraite des hauts cadres est de 100%) sans compter les conditions de travail bien plus meilleures et surtout la considération : statut de l'élite au niveau de la société en Algérie dévalorisé ce qui contredit les discours.

Pour les entreprises toute augmentation doit être liée à la productivité mais malheureusement en Algérie cette productivité étant dépendante de la politique économique globale souvent incohérente car les gestionnaires publics ne sont pas véritablement autonomes car étant revenu à la gestion administrative du passé alors que la définition de l'entreprise est justement la prise de risque face à un monde turbulent. Comment situer donc les responsabilités lorsque l'entreprise a une productivité faible fonction d'une mauvaise politique gouvernementale ?

Paradoxalement, la sphère informelle joue actuellement en Algérie avec la cellule familiale de tampon social, la crise du logement (même marmite, même charges) et des distributions de revenus sans création de valeur au nom de la solidarité (bien que la destination des transferts sociaux, somme colossale 10% du PIB entre 2007/2009, ne concerne pas toujours les plus défavorisées) permettent à une famille de disposer de plusieurs revenus reportant dans le temps provisoirement les tensions sociales dans la mesure où toute Nation ne distribue que ce qui a été préalablement produit.

On ne peut pourtant invoquer, pour expliquer l'inflation et par là la détérioration du pouvoir d'achat de la majorité des algériens , uniquement les effets des dernières augmentations de salaires notamment au niveau de la Fonction publique (le montant étant estimé à environ 170 milliards de dinars annuellement, soit environ 1,8 milliard d'euros, somme dérisoire ) , la baisse du cours du pétrole , pour preuve, le cours du pétrole a atteint un cours entre 110 /140 dollars , les salaires ayant stagnés et l'inflation relativement maîtrisée, ou l'extérieur car avec la crise mondiale nous constatons une déflation ,baisse de l'activité, chômage, baisse des prix, alors qu' en Algérie nous assistons à une stagflation (récession , chômage et hausse des prix).

Dans les pays émergents, certes le taux d'inflation est relativement élevé comme en Chine, Inde, Brésil ou la Russie, mais le taux de croissance est supérieur à la moyenne mondiale. Se pose la question face à la déflation (baisse des prix au niveau mondial,) pourquoi le consommateur algérien n'en bénéfice pas ? La raison essentielle de la non répercussion de cette baisse des prix au niveau mondial est que la banque centrale d'Algérie a dévalué simultanément (et c'est un paradoxe puisque la cotation de ces monnaies n'évolue pas dans le même sens) le dinar par rapport à la fois au dollar, 15% et à l'euro plus de 20%, mais comme le montre les dernières statistiques douanières de novembre 2009.

Bien plus, ces dévaluations gonflent artificiellement la fiscalité pétrolière et le fonds de régulation en dinars non convertibles, voilant l'importance du déficit budgétaire. Les mesures gouvernementales contenues dans les loi de finances complémentaire 2009/2010 n'ont pas eu et n'auront pas d'impacts significatifs sur la valeur des importations, du point de vue de la valeur globale, touchant certains segments mais gonflant d'autres, car ce gonflement est du essentiellement à la dépense publique, assistant toujours à une valeur monétaire allant vers 40 milliards de dollars tant pour 2009 que pour 2010 si l'on maintient le rythme actuel de la dépense publique.

Car les réévaluations permanentes des projets allant de 20 à 25% en moyenne, plus pour d'autres, les assainissements répétées des entreprises publiques, des dizaines de milliards de dollars entre 1991/2010 avec des résultats mitigés plus de 70% de ces entreprises étant revenues à la case de départ, les banques publiques contrôlant environ 90% du crédit global à l'économie en 2009 étant malades de leurs clients les entreprises publiques d'où les recapitalisations répétées, sans compter les créances douteuses de certaines entreprises privées, traduit à la fois l'inefficacité de la dépense publique et la faiblesse de la productivité globale, ( blocage systémique), source de l'inflation.

C'est faute d'une analyse objective et sereine que l'on impute l'inflation uniquement aux salaires alors que l'on oublie qu'ils régressent en Algérie au sein du produit intérieur brut étant inférieur à 20% en 2009 contre plus de 50% dans les pays développés et émergents , traduisant une désalarisation dangereuse de l'économie algérienne au profit des rentes destructeurs de richesses, oubliant que le salaire certes est un cout mais également une demande, que le couple travail/intelligence combiné avec une bonne gouvernance sont les fondamentaux de la création de la valeur et de la compétitivité en ce XXIème siècle.

3-Lutte contre l'inflation : une politique socio-économique plus visible et plus cohérente

L'objectif pour améliorer le pouvoir d'achat de la majorité passe à la fois par l'amélioration la réforme globale , la levée des contraintes d'environnement qui freinent l'épanouissement de l'entreprise créatrice de la richesse durable, dont le terrorisme bureaucratique, le système financier sclérosé, un système socio-éducatif inadapté et l'épineux problème du foncier non résolu à ce jour, et la gestion de la dépense publique afin de favoriser une croissance durable hors hydrocarbures, les infrastructures et les réserves de change n'étant qu'un moyen.

Or actuellement on assiste à un gaspillage des ressources financières car n'oublions jamais que la réduction tant de la dette extérieure (moins de 4 milliards de dollars) que de la dette publique intérieure (moins de 1 milliard de dollars) fin 2009 est du à la rente des hydrocarbures et non pas à la création de valeur.

C'est que la dépense publique entre 2004/2009, et certainement entre 2010/2014 s'il n'y a pas une nouvelle gouvernance, n'est pas du tout proportionnelle aux impacts économiques et sociaux, en soulignant que les infrastructures ne sont qu'un moyen accessoire du développement et les expériences négatives récentes de l'Espagne et la semi faillite récente de Dubai en sont les exemples frappants. Car, sans un taux de croissance de 6/7% par an sur plus de 5 années hors hydrocarbures reposant sur les véritables entreprenants , l'actuel taux de croissance hors hydrocarbures étant fictif autant que le taux de chômage officiel, car la majorité de ces segments sont irrigués par la dépense publique via les hydrocarbures il est impossible, c'est une loi économique universelle, de créer 3 millions d'emplois fiables à valeur ajoutée et par là d'augmenter à moyen terme les salaires donc le pouvoir d'achat des algériens au risque d'une hyperinflation en cas de chute du cours des hydrocarbures car n'existe pas une véritable politique salariale mais des redistributions de rentes.

Et qu'en sera t-il des futures retraites sans hydrocarbures avec la gestion défectueuse des caisses de sécurité sociale, l'Office national des statistiques (ONS) venant de rendre public le 20 juillet 2010 une enquête du second semestre 2009 où il met en relief que la moitié de la population occupée n'était pas affiliée à la sécurité sociale au 4e trimestre de l'année 2009, soit un taux de 50,4% de l'ensemble des travailleurs occupés. Plus précisément, sur les 9.472.000 travailleurs occupés recensés, 4.778.000 personnes ne sont pas affiliées au régime de la sécurité sociale, soit un occupé sur deux. Aussi, le pouvoir d'achat des Algériens pose toute la problématique d'une meilleure cohérence et visibilité de la politique socio-économique évitant ces changements perpétuels de cadres juridiques comme si des lois pouvaient mettre fin à des distorsions qui trouvent leur origine dans les dysfonctionnements du système comme l'importance de la sphère informelle, la société enfante ses propres règles de fonctionnement lorsque des mesures autoritaires sans concertation et dialogue social lui sont imposées.

Comme elle pose la problématique des deux fondamentaux du développement du XXI ème siècle à savoir un Etat de droit, une bonne gouvernance et la valorisation du savoir. L'analyse de l'inflation face à un monde de plus en plus interdépendant, est inséparable de l'analyse des mécanismes de régulation liant l'accumulation, la répartition du revenu national et le modèle de consommation par couches sociales, analyse inséparable des nouvelles mutations mondiales dont la place de l'Algérie est dans l'espace arabo-africain , euro-méditerranéen d'où l'importance de l'intégration maghrébine.

Docteur Abderrahmane MEBTOUL Professeur d'Université, Expert International – Economiste

NB-Sous la direction de Abderrahmane MEBTOUL, l'étude pluridisciplinaire (économistes, sociologues, démographes) entre janvier 2006 et mai 2007 pour les pouvoirs publics algériens : « face aux mutations mondiales, propositions d'une politique de l'emploi et des salaires pour l'Algérie entre 2008/2012 « (5 volumes 925 pages).

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vendredi, juillet 30, 2010

Restriction sur les déplacements des enseignants algériens : Deux associations internationales dénoncent

La circulaire du ministère de l'Enseignement supérieur, obligeant les enseignants à demander une autorisation avant d'aller participer à une rencontre internationale, continue de susciter l'indignation.Après la communauté universitaire nationale, des organisations internationales réagissent.

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Hacen Ouali, El Watan (29 juillet 2010) - En effet, deux importantes associations de chercheurs et universitaires d'Europe et d'Amérique du Nord ont exprimé leurs vives inquiétudes. Il s'agit de World Congress for Middle Eastern Studies (Wocmes) et Middle East Studies Association of North America (MESA). Elles viennent d'adresser deux lettres au président Bouteflika et au ministre de l'Enseignement supérieur, dans lesquelles elles font part de leurs vives inquiétudes quant aux conséquences des mesures contenues dans la circulaire ministérielle. Pour elle, il est clair : « La circulaire vise à superviser et à contrôler les mouvements de chercheurs de façon à limiter leurs interactions et gérer leurs discours. » Ainsi, le Wocmes s'est dit, à l'issue de son troisième congrès, qui s'est tenu du 19 au 24 juillet à Barcelone, « alarmé du fait qu'une telle décision relève d'une instance politique et non académique ». L'association, qui regroupe plus de 3500 chercheurs dans 23 pays européens, voit en la circulaire du ministère comme « un risque d'arbitraire dans l'appréciation du caractère sensible ou non de la manifestation scientifique et un risque d'entrave à la liberté de circulation et d'expression qui sont à la base de toute recherche scientifique ».

L'organisation considère « inquiétant que certains Etats, au lieu de favoriser les terrains de rencontres, semblent s'ingénier à dresser des obstacles devant les chercheurs ». Les universitaires européens disent également être conscients « des effets déplorables qu'une telle circulaire peut avoir sur le travail des collègues algériens, sur la recherche scientifique en Algérie, et in fine sur l'image internationale de votre pays ». Même réaction chez la Middle East Studies Association of North America (MESA), basée à l'université d'Arizona (USA). Cette dernière exprime sa « profonde préoccupation au sujet d'un ensemble de directives énoncées dans la circulaire ». L'association américaine, regroupant 39 organisations, estime que les mesures contenues dans la circulaire du ministère « sont contraires aux droits fondamentaux des citoyens consacrés par la Constitution algérienne ». « Ces mesures représentent ainsi une grave violation de l'essence même de l'université comme un espace pour le libre-échange des idées, d'informations, d'analyses et de perspectives.

Les organismes scientifiques, les échanges et les débats n'ont pas besoin de l'imprimatur et ils ne devraient pas être supervisés par le gouvernement », lit-on dans la lettre du MESA. L'organisation demande ainsi l'annulation de ces directives qui sont profondément préjudiciables à la liberté académique. « Il est difficile d'échapper à la conclusion que l'objectif est de superviser et de contrôler les mouvements de chercheurs de façon à limiter leurs interactions et à gérer leurs discours. Cela ne doit pas être toléré », affirme la MESA. Et d'ajouter : « Une telle circulaire non seulement représente une violation flagrante de la liberté académique, mais son application va ternir l'image de l'Algérie à l'étranger. »


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Restrictions sur les déplacement de chercheurs algériens : Des organisations internationales dénoncent

Des universitaires américains, européens et d'autres parties du monde fustigent l'attitude du gouvernement.

La dispora nationale est en colèreMohamed BOUFATAH, L'Expression (29 juillet 2010) - Les enseignants et chercheurs algériens sont soulagés suite au soutien exprimé par leurs homologues étrangers après l'interdiction du ministère de leur permettre de se déplacer en dehors des frontières sans autorisation. Des organisations internationales réagissent à ces restrictions. L'appréciation faite par un chercheur algérien ayant requis l'anonymat, renseigne sur le malaise profond généré par cette décision. «Même la France coloniale n'avait pas imposé, en temps de guerre, ce genre de restrictions et limites aux universitaires et chercheurs français partisans ou ayant soutenu solennellement le FLN», a déploré cet enseignant. Néanmoins, on croit savoir que le Conseil national des enseignants du supérieur prépare une riposte pour contrecarrer cette décision qualifiée «d'arbitraire».

Des organisations regroupant des universitaires et des chercheurs ont adressé une correspondance au ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Dans cette lettre, sont exprimées de vives inquiétudes quant aux restrictions imposées aux universitaires et chercheurs algériens. Dans une circulaire datée du 18 juin 2010, le secrétaire général du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a donné ordre aux responsables des universités d'informer le ministère sur «les cas de participation à des manifestations pouvant revêtir un caractère sensible afin de se prononcer sur l'opportunité et d'organiser la concertation avec le ministère des Affaires étrangères». Le même responsable a évoqué dans sa circulaire l'existence de lobbies qui organisent ces manifestations sans préciser leur identité. «Cela peut amener les participants, à travers des pétitions et des motions, à prendre des positions contraires aux intérêts nationaux», a-t-il écrit.

La lettre a été signée par le Congrès mondial des études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Cette organisation regroupe des chercheurs issus de tous les pays. Il y a aussi le Conseil de l'Eurames (European Association for Middle Eastern Studies) qui regroupe plus de 3 500 chercheurs dans 23 pays européens et le Davo (German Middle East Studies Association for Contemporary Research and Documentation) qui regroupe plus de 1300 chercheurs. Les Conseils du Wocmes, de l'Eurames et du Davo s'alarment du fait qu'une telle décision relève d'une instance politique et non académique; ils y voient un risque d'arbitraire dans l'appréciation du caractère sensible ou non de la manifestation scientifique, et un risque d'entrave à la liberté de circulation et d'expression qui sont à la base de toute recherche scientifique.


«Nous sommes conscients des effets déplorables qu'une telle circulaire peut avoir sur le travail des collègues algériens et in fine sur l'image internationale de votre pays», lit-on dans la lettre. Les universitaires et chercheurs de l'Association d'études d'Amérique du Nord ainsi que les chercheurs de l'université de l'Arizona ont exprimé les mêmes inquiétudes dans une autre lettre. Ces chercheurs et universitaires américains se déclarent «profondément préoccupés par cette série de directives» qui limitent le déplacement et le libre exercice de la profession de chercheur. Les chercheurs américains estiment qu'il s'agit de décisions «contraires aux droits fondamentaux des citoyens tel que cela est écrit dans la Constitution de l'Algérie».

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Ils envoient une lettre ouverte à Harroubia : Des universitaires étrangers réagissent à la circulaire du 18 mai


La circulaire du 18 mai dernier du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, visant à limiter la mobilité des universitaires, notamment leurs déplacements à l'étranger pour prendre part à des colloques scientifiques, continue à être l'objet de maints contestation.

Nabila Afroun, Liberté (28 juillet 2010) - Beaucoup d'universitaires ont écrit et exprimé leurs inquiétudes, angoisses et révoltes contre cette mesure, mais il n'y a eut aucun écho favorable de la tutelle. Et cela malgré la pétition qui a été lancé par la communauté universitaire et qui a connu une grande adhésion. En réaction à cette décision, plusieurs universitaires étrangers et association de chercheur ont soutenus leurs confrères Algériens. Ils dénoncent et considèrent que cette circulaire est une atteinte à la liberté académique ainsi qu'à la liberté d'expression.

New Page 1http://www.actualite-dz.com/wp-content/uploads/2009/05/harraoubia-150x150.jpgL'association WOCMES (World Congress for Middle Eastern Studies) regroupant les chercheurs de sciences humaines et sociales de plusieurs pays, qui se sont réunie à Barcelone du 19 au 24 juillet en présence d'autre association à l'image de l'EURAMES (European Association for Middle Eastern Studies) et DAVO (German Middle East Studies Association for Contemporary Research and Documentation) ont décidé de réagir. Ils ont adressé une lettre ouverte ou Ministre de l'enseignement supérieurs, lui exprimant leur plus vive inquiétude et lui demandant l'abrogation de cette mesure. "De nombreux obstacles se dressent aujourd'hui contre la liberté de circulation des chercheurs (visas, financements...).

 Il est inquiétant que certains Etats, au lieu de favoriser les terrains de rencontre, semblent s'ingénier à y dresser des obstacles », peut on lire dans la lettre ouverte. Elle précise que les Conseils des associations WOCMES, de l'EURAMES et du DAVO s'alarment du fait qu'une telle décision relève d'une instance politique et non académique. Ils estiment qu'il existe un risque d'arbitraire dans l'appréciation du caractère sensible ou non de la manifestation scientifique, d'entrave à la liberté de circulation et d'expression qui sont à la base de toute recherche scientifique. « Nous sommes conscients, au premier chef, des effets déplorables qu'une telle circulaire peut avoir sur le travail des collègues algériens et sur l'image internationale de votre pays. Nous ne doutons pas qu'en tant que garant des libertés académiques de votre pays», précise le courrier adressé au ministre de l'enseignement supérieur.
 
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